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EPOS

Editions CARÂCARA

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MAHABHARATA

résumé

de

Gilles SChaufelberger

 

PRESENTATION

Le résumé ici présenté n'est pas une adaptation ni un aperçu comme il s'en trouve parfois à propos de cette épopée indienne. Ce n'est pas non plus un condensé ouvrant sur des interprétations et des gloses diverses. C'est avant tout un extraordinaire instrument de travail pour tout chercheur voulant vérifier l'emplacement de tel ou tel épisode, la situation de telle ou telle anecdote annexe, le rôle imparti à tel ou tel personnage, etc. Ce résumé se base sur une lecture concrète de toute l'oeuvre d'après les traductions existantes et ne s'en écarte pas. Sa "neutralité" est donc essentielle et sa vertu eminemment opérationnelle. Comprenons que résumer le Mahâbhârata est un travail colossal de lecture et de synthèse : pour les dix huit livres voici 250 pages denses et détaillées.

Le Mahâbhârata, poème épique de l'Inde ancienne, mis par écrit entre 400 avant et 400 après Jésus-Christ, mais remontant à des sources orales plus anciennes, comprend plus de cent vingt mille strophes de deux vers appelées shloka (soit deux cent quarante mille vers) ou si l'on est plus sévère face aux interpolations, soixante quatorze mille distiques (soit cent quarante huit mille vers) : dans les deux cas, le nombre peut laisser songeur. Ce résumé adopte la version "courte" de l'édition critique de référence, dite édition de Poona, qui repousse en annexes et en apparat critique de nombreux passages, tout en insistant sur la valeur de ces variantes qui sont comme autant de lectures polyphoniques.

Il retrace ce que connaissaient les Indiens en matière de mythologie, de savoir, de sagesse politique, de géographie, de religion et de philosophie, il enseigne les règles à suivre et le moyen de sauvegarder l'équilibre du monde, la façon d'obtenir le salut ou de se protéger des maladies : c'est une encyclopédie versifiée. Ce projet y est d'ailleurs, de façon consciente, avoué (XVIII, 5, 38) "Pour le devoir, pour les affaires, pour le plaisir et pour le salut, tout ce que l'on trouve dans ce récit existe aussi ailleurs. Tout ce que l'on n'y trouve pas n'existe pas."

En effet, l'épopée, après avoir évoqué les généalogies des lignées royales et l'histoire des débuts du monde, raconte la rivalité qui oppose les cinq fils de Pându - Yudhishthira, le Roi-très-Juste, Bhîma le Terrible, Arjuna, le Guerrier exemplaire, Nakula et Sahadeva, les jumeaux - à leurs cousins, les cent fils du roi Dhritarâshtra. Cette rivalité s'exprime d'abord par un exil durant treize années des cinq frères à la suite d'une partie de dés piégée, puis par une guerre "mondiale" qui entraînera, par le jeu des alliances, tous les peuples connus. Le combat dure dix-huit jours et se termine par une extermination générale. Les fils de Pându seront pratiquement les seuls survivants. Krishna, l'incarnation du dieu Vishnu, l'ami et cocher d'Arjuna, y joue un rôle ambigu, car il s'agit pour lui, en fait, de concilier une destinée humaine et la sauvegarde générale du monde. Les dieux sont omniprésents, et la plupart des personnages sont des incarnations partielles de tel ou tel dieu. Un réseau étroit de relations entre les cieux et la terre se rajoute à la complexité des affaires humaines.

Vyâsa, l'auteur légendaire du récit, ou son compilateur (c'est un des sens possibles : la racine sanskrite fait référence à "étendre" "exposer en détail" "compiler"), s'installe dans son récit comme un sage ou rishi (d'une racine indiquant "se mettre debout" : le poète faisant se dresser les êtres et les choses), qui participe à la création du monde et qui continue à agir tout au long de l'histoire humaine. Il est le grand-père des protagonistes. Au cours du "sacrifice des serpents", par disciple interposé, il raconte à Janamejaya, le fils du dernier survivant de la lignée, l'histoire de ses ancêtres et de la grande guerre qui les a décimés. Vyâsa aurait composé ce récit en trois ans, c'est également lui qui aurait mis en forme les hymnes du Veda. Les Veda, au nombre de quatre, sont par excellence les textes religieux de l'Inde et l'on s'accorde pour dire que le Mahâbhârata mérite le titre de cinquième Veda. Ce dernier trait ne fait que confirmer, s'il le fallait encore, la haute opinion des indiens pour cette œuvre. Ils peuvent du reste y lire in fine: "Celui qui récitera cette histoire, livre par livre, sera libéré de ses fautes et gagnera le ciel pour s'absorber en Brahma, "Celui qui la fera entendre, strophe par strophe, à des brâhmanes, rejoindra ses ancêtres, sa nourriture et sa boisson seront inépuisables."

Ce résumé tend donc à donner une vision d'ensemble difficilement accessible tant qu'aucune traduction complète de Mahâbhârata ne sera effectuée et achevée. Or, cette œuvre possède une capacité d'autoréférences des plus extraordinaires dont elle joue avec habileté et que toute traduction d'un extrait se doit de signaler par des notes explicatives. Rien ne convient mieux à ce jeu de références internes que l'outil d'un résumé qui, efficacement et rapidement, donne corps à une allusion et éclaire le passage traduit, évite l'erreur de compréhension.

Pour établir ce résumé, son auteur s'est servi de ses propres traductions pour une partie des livres I, III, V, XIII, XIV et pour les livres X, XI, XV, XVI, XVII et XVIII, sur la remarquable traduction de J.M Rivière pour la Bhagavadgîtâ, sur la traduction en anglais de J. A. Van Buitenen (University of Chicago ; 1973), malheureusement inachevée, pour les Livres I à V , sur la traduction de A. M. Esnoul pour la fin du Livre XII (Les Belles Lettres, 1979) et enfin sur celle de K. Mohan. Ganguli, en anglais (Calcutta ; 1883-1893 ; réed. 1930), quand aucune autre traduction n'était disponible. Une concordance des numérotation de chapitres de la traduction de Ganguli, basée sur l'édition de Calcutta, avec celle de l'édition crtique du texte sanskrit de Poona est établie. En plus de la division en dix-huit livres, il existe également dans le Mahâbhârata une division en cent sections, dont il est donné entre parenthèses la numérotation. Les mots sanskrits sont donnés sans majuscule, sauf les noms propres. Ils ne sont jamais mis au pluriel. Le réumé adopte pour chaque personnage son nom le plus usuel, même si ce n'est pas celui qui est employé dans le texte (par exemple Arjuna possède une vingtaine de noms différents).

Toute personne qui voudrait en savoir plus sur cette épopée aura intérêt à consulter le site conçu autour des travaux de MM. G. Schaufelberger et G. Vincent à l'adresse suivante:

http://www.neurom.ch/mbh


 

n° du livre et nombre de distiques
(total : 74029 shloka)

Version PDF téléchargeable:
a) Totalité des résumés
b) Résumés chant par chant (voir ci-dessous)

Aperçu

 

I
(7293 shloka)

Âdiparvan ou
livre du commencement

Ce chant raconte l'origine de cette épopée (ses premiers récitants, son auteur) et le motif de la grande guerre : soulager la déesse Terre du poids des hommes ; donne un résumé des événements à venir, les premières généalogies, la naissance des pères des protagonistes (Pându et Dhritarâshtra; tous deux handicapés ; l'un trop pâle, l'autre aveugle), la naissance des héros (cent Kaurava ; cinq Pândava), l'animosité des Kaurava (incendie de la maison de laque), et le mariage des cinq Pândava avec la princesse Draupadî, le partage du royaume (construction d'une seconde capitale) pour tenter d'éviter le conflit entre cousins, et l'exil d'Arjuna pendant douze ans (nombreuses aventures)

 

II
(2390 shloka)

Sabhâparvan ou
livre du palais
Retour d'Arjuna avec l'artisan Maya.Un palais magnifique est construit pour Yudhishthira (l'aîné des Pândava). Ses cent cousins l'invitent à une partie de dés truqués. Il y perd tous ses biens et joue même Draupadî, l'épouse commune. Les cinq Pândava sont contraints à treize ans d'exil dans la forêt.

 

III
(10325 shoka)
Vanaparvan ou
livre de la forêt
Ce chant est rempli d'histoires (par exemple celle de Nala et de Damayantî) , de légendes, de pélerinages (faire le tour des gués sacrés). Le roi Jayadratha ose enlever Draupadî ; ses cinq époux le poursuivent, libèrent Draupadî et laissent la vie sauve à son ravisseur.

 

IV
(1827 shloka)

Virâtaparvan ou
livre de Virâta
La treizième année les cinq héros doivent la passer incognito chez un roi. Virâta est ce roi chanceux. Les héros l'aident à repousser deux invasions (dont celle de leurs cousins). Le roi donne en remerciement en mariage sa fille Uttarâ à Abhimanyu, fils d'Arjuna. Abimanyu a pour mère la soeur de Krishna.

V
(6093 shloka)

Udyogaparvan ou
livre des préparatifs
Krishna est envoyé en ambassade par les Pândava auprès de leurs cousins les Kaurava pour faire valoir leurs droits et proposer un accord. Echec dû à l'intransigeance de l'aîné des Kaurava, Duryodhana. La guerre est inévitable : les rois se rangent en deux camps.

 

VI
(5418 shloka)

Bhîsmaparvan ou
livre de Bhïsma
Bhîshma est l'oncle vénéré des protagonistes ; il a accepté d'être le chef des armées Kaurava, malgrè lui. Au premier jour le guerrier Arjuna est alors désespéré de cette guerre ; Krishna l'exhorte (épisode de la Bhagavad Gîtâ); dix jours de combats ont lieu ; Bhîshma révèle que seul un guerrier réincarnation d'une femme qu'il a refusée peut le tuer ; cependant même blessé, sur un lit de flèches, il peut décider de l'heure de sa mort. Les combats sont contés au vieux roi aveugle Dhristarâshtra par un conteur doué d'une double vue (Samjaya voit le combat sans y assister et le reconstitue).

 

VII
(8163 shloka)

Dronaparvan

ou livre de Drona

Drona, le maître d'armes des Pândava et des Kaurava, prend la tête des armées des Kaurava. Abhimanyu, le fils d'Arjuna, est lâchement tué ; Arjuna le venge en tuant le roi Jayadratha ; Drona, trompé par l'annonce de la mort de son fils, décide de mettre fin à ses jours.

 

VIII
(3879 shloka)

 

Karnaparvan

ou livre de Karna

Karna est fils du dieu Soleil et de Kuntî la mère des Pândava (ce demi-frère illégitime leur a été caché). Chef des armées Kaurava, il sait son origine (sa mère la lui a apprise) et affronte son demi-frère Arjuna. La roue de son char se brise, il oublie la formule de l'arme magique qu'il possède. Mort de Karna.

 

IX
(3311 shloka)

Shalyaparvan

ou livre de Shalya

Dix huitième jour de combat, et dernier jour. Shalya, l'oncle maternel des Pândava Chef des armée Kaurava, il est tué par Yudhishthira. L'aîné des Kaurava, le vil Duryodhana, se réfugie sous un lac gelé. Bhîma, un des cinq Pândava, vient l'en déloger et le tuer.

 

X
(773 shloka)

Sauptikaparvan ou
livre de l'attaque nocturne
Trois guerriers survivants des Kaurava se jettent sur le camp endormi des Pândava et y font un affreux carnage. L'un d'eux lance un projectile apte à détruire l'univers ; Krishna le neutralise mais toutes les femmes perdront leurs embryons. Krishna console Arjuna en lui disant qu'il ressuscitera son petit-fils.

 

XI
(730 shloka)

Strîparvan ou
livre des femmes
Les femmes pleurent les morts du champ de bataille et leur rendent les honneurs funéraires. Gandhârî, l'épouse du roi aveugle, maudit Krishna.Son regard jaillissant de son bandeau brûle l'orteil de Yudhishthira.

 

XII
12885 shloka)

Shântiparvan ou
livre de l'apaisement
Yudhisthira ne veut plus régner : trop de morts ont eu lieu. Par de nombreuses histoires édifiantes et par bien des préceptes, on lui rappelle son devoir de roi.

 

XIII
(6561 shloka)

Anushâsanaparvan ou
livre de l'enseignement
Livre d'enseignements délivrés par Bhîshma sur son lit de flèches.Les leçons se succèdent : traités, fables, anecdotes...

 

XIV
(2743 shloka)

Âshvamedhikaparvan ou
livre du sacrifice du cheval

Yudhisthira, qui a accepté d'être roi, règne dans la paix et la prospérité. Il célèbre le sacrifice du cheval, ou sacrifice de consécration de roi universel.

 

XV
(1064 shloka)

Âshramavâsikaparvan ou
livre du séjour à l'ermitage
Quinze ans ont passé. Le vieux roi aveugle décide de se retirer comme ascète dans la forêt. Son épouse et son demi-frère Vidura le suivent ainsi que Kuntî, la mère des Pândava. Ces derniers leur rendent visite ; sur les bords du Gange apparait la procession des guerriers morts (leurs épouses les rejoignent) ; Vidura meurt en se fondant dans Yudhishthira.Un incendie dévore le vieux roi et ses compagnes.

 

XVI
(273 shloka)

Mausalaparvan ou
livre de la bataille à coups de pilons
Mort de Krishna et de son peuple. Une querelle entre ses gens éclate et des herbes se transforment en pilons ; tous s'entretuent. La ville de Krishna, Dvârakâ, s'engloutit ; Krishna meurt d'une flèche tiré par un chasseur.

 

XVII
(106 shloka)

Mahâprasthânikaparvan ou
livre de la longue marche
Yudhishthira confie le royaume à Pariksit, petit-fils d'Arjuna, ressuscité par Krishna et seul descendant. Avec ses frères, leur épouse et un chien, il gravit une haute montagne. Tous tombent, seul il arrive avec le chien au sommet. Il refuse à abandonner ce chien pour le char aérien qui lui est proposé. Ce chien alors se montre sous son vrai jour : il est le dieu Dharma, son père.

 

XVIII
(195 shloka)

Svargârohaparvan ou
livre de la montée au Paradis
Dans le ciel, il découvre ses cousins en train de festoyer ; il préfère rejoindre ses frères en enfers ; il s'agit d'une dernière épreuve; en fait des paradis les attendent réellement.

 

Chacun de ses dix huit livres nécessitent commentaires et analyses, mais surtout une étude stylistique qui n'a jamais été faite. Le résumé, à défaut, permet la comparaison thématique.Telle anecdote est racontée plusieurs fois, à des moments différents, avec des variantes ; tel fait se retrouve ici et là ; tel personnage connaît une carrière variée... Le résumé aura donc cet usage. Nous le souhaitons, pour qu'avancent les études épiques sanscrites.

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